La gestion des eaux

La gestion des eaux réside dans notre capacité à assurer la meilleure adéquation entre ressources disponibles et demandes en eau. Pour cela, il faut mesurer, partager, contrôler :

  • la mesure (débit, consommation, qualité) est la principale activité du gestionnaire ;
  • la distribution est assurée par le gestionnaire à destination des usagers qui doivent en faire un usage le plus économe et le plus responsable possible ;
  • le contrôle consiste à vérifier par la mesure que le partage contractuel est respecté.

Vocabulaire

Actuellement, on a de plus en plus tendance à confondre gestion des eaux et économie de l’eau. L’essentiel réside dans la capacité à assurer à tout un chacun et de manière durable une eau potable de qualité.

L’eau potable

On notera tout d’abord un nombre. Actuellement, l’homme prélève en moyenne 3 800 milliards de mètres cube d’eau chaque année sur la planète. Ces prélèvements ne sont pas répartis de manière équitable sur l’ensemble de la planète puisqu’un américain consomme près de 700 I d’eau par jour et par personne, un français 150 à 200 I. Plus de 80 pays représentant 40 % de la population mondiale souffrent d’une grosse pénurie d’eau. C’est en Asie occidentale que les problèmes sont et seront les plus graves puisque 90 % de la population souffre d’un manque d’eau et le volume d’eau consommé actuellement est de 10 % supérieur au volume des ressources en eau douce renouvelable.

Qu’en est-il en France ? La situation est loin d’être dramatique mais les sécheresses de 2003 et de 2005 ont marqué les esprits.

Sondage

Un Hondage Sofres effectué le vendredi 17 mars 2006, pendant le forum de l’eau de Mexico révftlo que les Français redoutent maintenant de manquer d’eau dans l’avenir. 43 % de nos concitoyens pensent qu’ils ne manqueront jamais d’eau potable dans leur région, ils étaient f»« % on 2005 et 68 % en 1996.

La production

En France, la demande en eau et les prélèvements s’élèvent à près de 40 milliards de mètres cubes par an dont 60 % d’eau d’origine souterraine et 40 % d’eau de surface. Cette eau est prélevée soit dans les cours d’eau, soit dans les nappes d’eaux souterraines. L’eau est ensuite acheminée vers une usine de production d’eau potable où elle subit de nombreux traitements physiques, chimiques et biologiques.

Le dégrillage et le tamisage

L’eau est d’abord filtrée à travers une grille où les déchets naturels (feuilles, brindilles…) et autres particules de plus d’un millimètre sont éliminés. Elle passe ensuite sur des tamis à mailles plus fines.

La floculation et la décantation

Un coagulant est mis dans l’eau de manière à amalgamer les déchets tels que la poussière, les particules de toute sorte en flocon. Le processus de séparation liquide-solide est ainsi mis en place puisque les flocons plus lourds que l’eau coulent et se déposent au fond du bassin de décantation. Plus de 90 % des matières encore en suspension sont ainsi éliminées.

La filtration

Encore appelée affinage, cette étape consiste à faire passer l’eau par un filtre qui est en fait un lit de sable fin avec ou sans couche de charbon actif. Les filtres à charbon actif retiennent de nombreux polluants ou micropolluants tels que les phénols, les hydrocarbures et les pesticides. La combinaison de l’absorption avec l’ozonation permet une diminution significative de la matière organique et du potentiel de formation des sous-produits d’oxydation et de désinfection. On peut encore effectuer des cycles de filtration plus poussés tels que la filtration sur membranes.

L’ozonation

Cette étape est encore appelée désinfection. L’ozonation a une action bactéricide et anti-virale. L’ozone est un gaz légèrement bleuté conséquence de la transformation de l’oxygène contenu dans l’air sous l’action de décharges électriques (ou de rayons ultra-violets). Elle agit sur les matières organiques en les fractionnant. Elle contribue à l’amélioration de la saveur et de la couleur de l’eau.

La chloration

Elle est effectuée de manière à laisser un résiduel désinfectant sur l’ensemble du réseau de distribution de manière à empêcher toute dégradation de la qualité de l’eau par prolifération de micro-organismes.

La distribution

Le service public d’alimentation en eau potable est du ressort des communes ou de leurs groupements. Elle est assurée par la collectivité elle-même, on parle alors de gestion directe en régie ou est confiée à une entreprise privée, gestion déléguée au service privé.

La répartition des rôles

La régie directe est assurée directement et uniquement par la collectivité, qui a autorité directe et totale sur l’exécution du service, assure seule le financement des investissements, déduction faite des subventions éventuelles et supporte le cas échéant la totalité du déficit d’exploitation du service. Le privé peut intervenir en qualité de prestataire de services ou d’entrepreneur de travaux, mais cette intervention ne porte en aucun cas sur l’exploitation et ne constitue de fait pas un partenariat stricto sensu.

La gestion déléguée est assurée par une entreprise privée choisie dans le cadre d’une mise en concurrence (maintenant soumise à une procédure obligatoire) et placée sous le contrôle de la collectivité. Elle définit un partenariat stricto sensu.

Il est important d’optimiser la distribution d’eau potable en limitant les pertes dans le réseau telles que les fuites. Les distributeurs possèdent des méthodes pour lutter contre les fuites telles que la localisation des fuites par corrélation acoustique, la sectorisation des réseaux, les mesures de débit et pression à diverses heures du jour et de la nuit via un compresseur à air, la détection de débits anormaux.

De nombreuses techniques sont maintenant utilisables pour la réparation de fuites par les plombiers chauffagistes comme le remplacement des canalisations pour la plus classique mais aussi le chemisage ou le gainage.

Enfin, l’emploi d’outils de gestion patrimoniale tel que la modélisation ou encore l’utilisation de systèmes d’information géographique (SIG).